Gérard Thomel |
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L'Atlas des ammonites de l'Aptien des Alpes de Provence, jamais publié sauf sur le site aujourd'hui désactivé www.cephalopodes-cretaces.com de G. Thomel et M.-C. Picollier-Thomel, est à présent intégré dans ammonites.org afin qu'il perdure autant que possible.
L'Atlas et les déterminations datent de 1996. Par respect du contexte, rien n'a été mis à jour en regard des révisions qui pourraient avoir été faites ultérieurement. Un exemple : Crioceratites tenuicostatum THOMEL est à présent affectée au genre Acantholytoceras Spath (Delanoy, 1997). Les clichés ont été réalisés en 1967 par le laboratoire photographique de l’École Normale Supérieure de Paris.
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L’étage Aptien a été introduit dans la littérature géologique par Alcide d’Orbigny en 1840 à partir de la faune d’ammonites des environs immédiats d’Apt (Vaucluse). Trois sections ont été distinguées dans cet étage :
Dans le sud-est de la France (Vaucluse, Bouches-du Rhône, Hautes-Alpes, Drôme, Alpes de Haute-Provence, Alpes Maritimes) de nombreux sites ont fourni jadis de très importantes faunes d’ammonites épigénisées en pyrite de fer. Malheureusement, ce mode de fossilisation s’avère très sensible à l’altération par les éléments atmosphériques, de sorte que les collections anciennes, renfermant les types, ont été très largement détruites. Par ailleurs, le mode de fossilisation par épigénisation ne porte que sur les tours internes, cloisonnés, du Céphalopode, de sorte que les stades adultes ne sont pas conservés. Il est nécessaire, pour les étudier, de se reporter sur les faunes d’autres régions : Californie, Caucase… Enfin, beaucoup de sites majeurs sont actuellement recouverts par la végétation et tous à peu près totalement épuisés par un ramassage intensif. À l’époque où les gisements étaient les plus productifs, c’est-à-dire la fin du XIXe siècle, les paléontologues de l’équipe grenobloise dirigée par Wilfrid Kilian avaient distingué deux biofaciès dans le bassin vocontien :
Cette distinction entre les biofaciès occidental et oriental doit être corrigée par le fait qu’à l’est du type oriental – c’est-à-dire aux confins des Alpes Maritimes – réapparaissent les éléments occidentaux. En fait, les deux biofaciès d’ammonites correspondent plus exactement à un biofaciès de plateforme et un biofaciès plus interne par rapport au bassin. Il existe donc, pour un même horizon stratigraphique, une variation notable dans la composition de la faune d’ammonites d’un point du bassin à l’autre. En fait, tous les éléments de l’ammonitofaune aptienne correspondant à un niveau donné se rencontrent dans toutes les parties du bassin, mais dans des proportions variables suivant la situation géographique. Le détail de cette répartition des ammonites a fait l’objet d’abondants commentaires de la part de Wilfrid Kilian, notamment à l’occasion de la réunion extraordinaire de la Société Géologique de France dans les Basses-Alpes en 1895. Un autre élément est intervenu pour rendre plus complexe l’analyse spatiotemporelle de cette faune d’ammonites : l’abondance extrême des espèces et des individus a entraîné, par l’accumulation des cadavres, une eutrophisation générale, mais non synchrone, du bassin vocontien. Une étude sédimentologique très complète de celui-ci a été effectuée par J. G. Bréhéret en 1997. En tenant compte simultanément de toutes ces données, il a été possible, à partir de l’analyse faunique portant sur environ 15 000 spécimens, à l’époque où les sites étaient suffisamment fossilifères, de dresser un tableau virtuel (tableau 1 – tableau 2) de la succession hémérale de l’ammonitofaune aptienne du bassin. L’Atlas des faunes d’ammonites représentatives de l’Aptien du sud-est de la France, est complété par des refigurations de spécimens types et de données bibliographiques. |